Danesford Grange : des manquements graves à la sécurité des résidents
D'après un contrôle mené en juin par la Care Quality Commission (CQC) britannique et relayé par la BBC, la maison de retraite Danesford Grange, située à Bridgnorth dans le Shropshire, a été déclassée…
Fernand Lafond·mis à jour 05 septembre 2026

D'après un contrôle mené en juin par la Care Quality Commission (CQC) britannique et relayé par la BBC, la maison de retraite Danesford Grange, située à Bridgnorth dans le Shropshire, a été déclassée de « bon » à « insuffisant » pour sa note globale. Le régulateur a engagé une procédure à l'encontre de l'opérateur MGC Care Limited pour quatre manquements réglementaires. L'établissement accueille des personnes âgées nécessitant des soins infirmiers, des adultes plus âgés et des résidents diagnostiqués avec une démence.
Quatre indicateurs passés au rouge
En premier lieu, la CQC relève une gestion des risques défaillante: chutes répétées, escarres et dégradations de l'état de santé n'ont pas donné lieu à une mise à jour des évaluations de risque ni des plans de soins. Des résidents n'ont pas reçu de toilette corporelle pendant des périodes prolongées, sans justification documentée. Le soutien nutritionnel prescrit — compléments et préférences alimentaires — n'a pas été systématiquement appliqué. Des erreurs dans les registres de médicaments ont entraîné des dosages incorrects ou omis. L'absence de preuve de nettoyage régulier de l'équipement et des locaux expose les résidents à un risque infectieux. Le contrôle signale un revêtement de sol endommagé, des thermomètres de salle de bain hors d'usage, du mobilier déchiré, des espaces communs encombrés et un aquarium hors d'état.
Un personnel bienveillant, une gouvernance qui ne tient pas
Le recrutement a été conduit conformément aux procédures (vérifications, références, historique d'emploi) et les effectifs étaient suffisants, mais la répartition des équipes n'a pas été jugée efficace. Résidents et inspecteurs ont relevé que le personnel faisait preuve de bienveillance et de respect au quotidien. Toutefois, ces éléments positifs sont neutralisés par des systèmes de gouvernance qualifiés de faibles, un leadership ineffectif et une incapacité à pérenniser les améliorations. Un plan d'action soumis après la première visite n'a pas corrigé les manquements lors du contrôle de suivi. L'inspection note enfin l'absence de plans de soins de fin de vie pour des résidents atteints de pathologies avancées ou en déclin.
D'après Amanda Lyndon, directrice adjointe des services sociaux pour adultes dans les Midlands à la CQC, engager une procédure reste toujours un dernier recours pour le régulateur; les personnes accompagnées doivent recevoir des soins sûrs, efficaces et de haute qualité, adaptés à leurs besoins.
Une grille de lecture transposable aux EHPAD français
Ce cas britannique documente avec précision les marqueurs qu'un contrôle indépendant peut faire remonter. En France, les rapports de certification de la Haute Autorité de Santé (HAS), consultables sur le portail officiel pour chaque établissement, reposent sur une logique comparable. Trois points de vigilance méritent d'être transposés dans toute démarche de sélection. Premièrement, la cohérence entre les plans de soins individuels et l'état clinique observé: chutes répétées, escarres ou pertes de poids non tracées doivent alerter. Deuxièmement, la traçabilité médicamenteuse et alimentaire, vérifiable lors de la visite et par l'examen du dossier de soins. Troisièmement, la solidité de la gouvernance: un plan d'action déposé après un précédent contrôle doit produire des effets mesurables; sa seule existence ne constitue pas une garantie.
Les familles peuvent consulter les comptes rendus du conseil de la vie sociale et interroger la direction sur la rotation des cadres et la procédure de signalement des événements indésirables. En cas de difficultés persistantes, un signalement peut être déposé auprès de l'agence régionale de santé compétente.