Jardin thérapeutique en EHPAD : son action sur Alzheimer
Un jardin thérapeutique en EHPAD n’est pas un simple espace vert destiné à améliorer le cadre de vie.

Jardin thérapeutique en EHPAD: son action sur Alzheimer
Lorsqu’il est conçu pour des résidents atteints de maladie d’Alzheimer ou de troubles neurocognitifs, il devient un support d’accompagnement intégré au projet de soins: circulation sécurisée, stimulation sensorielle, activités gestuelles, exposition à la lumière naturelle et observation des comportements.
Les bénéfices attendus concernent principalement la qualité de vie, le sommeil, l’anxiété et certains troubles psycho-comportementaux. Les données disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’un jardin thérapeutique ralentit durablement le déclin cognitif ni qu’il se substitue aux traitements prescrits. Son intérêt dépend d’une condition déterminante: l’espace doit être pensé avec les équipes soignantes et utilisé dans un cadre d’accompagnement régulier.
Du Plan Alzheimer à une approche non médicamenteuse structurée
Les jardins thérapeutiques ont été intégrés aux réflexions publiques sur la prise en charge de la maladie d’Alzheimer au cours du Plan Alzheimer 2008-2012. Le dispositif était notamment recommandé pour les Unités cognitivo-comportementales, ou UCC, qui accueillent des personnes présentant des troubles du comportement nécessitant une prise en charge spécialisée.
Cette orientation reposait sur un constat clinique simple: certains symptômes ne relèvent pas uniquement d’un médicament ou d’une intervention médicale ponctuelle. L’agitation, l’anxiété, l’errance, l’apathie ou les troubles du sommeil peuvent être influencés par l’environnement quotidien. Un espace extérieur accessible, lisible et sensoriellement riche offre alors une possibilité d’intervention non médicamenteuse.
La notion de jardin thérapeutique recouvre toutefois des réalités très différentes. Un patio planté de quelques arbustes ne constitue pas nécessairement un outil thérapeutique. À l’inverse, un jardin de dimension limitée peut remplir cette fonction si son aménagement répond à des objectifs précis:
- permettre une déambulation sans impasse ni rupture dangereuse;
- proposer des repères visuels et spatiaux facilement compréhensibles;
- solliciter plusieurs sens sans provoquer de surcharge sensorielle;
- soutenir des activités simples, répétitives et valorisantes;
- favoriser l’accès à la lumière naturelle et à l’air extérieur;
- permettre aux professionnels d’observer et d’accompagner les résidents.
Le cadre réglementaire ne fixe pas un modèle unique de jardin thérapeutique applicable à tous les EHPAD. La qualité du dispositif ne se mesure donc pas à sa taille, à son coût ou au nombre de plantations. Elle dépend de son adéquation aux capacités des résidents, à l’architecture de l’établissement et au projet d’accompagnement.
Un jardin thérapeutique n’est pas défini par la présence de végétaux, mais par l’usage de l’espace au service d’objectifs de soins et d’accompagnement.
Cette distinction a des conséquences pratiques. Un jardin inaccessible aux personnes en fauteuil, difficile à surveiller ou ouvert sur une zone de circulation automobile peut produire l’effet inverse de celui recherché. La fonction thérapeutique commence par la sécurité et la lisibilité du lieu.
La stimulation sensorielle ne se réduit pas à une promenade
La maladie d’Alzheimer altère progressivement la mémoire, l’orientation, le langage et les capacités d’initiative. Pourtant, certaines formes de mémoire et certains automatismes peuvent rester mobilisables plus longtemps. Le jardin thérapeutique cherche notamment à solliciter la mémoire sensorielle et la mémoire procédurale.
La mémoire sensorielle est activée par les odeurs, les textures, les couleurs, les sons ou les variations de température. Une plante aromatique, une écorce, la sensation de la terre ou le bruit régulier de l’eau peuvent servir de points d’appui à l’attention. Ces stimulations ne reconstituent pas une mémoire perdue. Elles créent plutôt des occasions de contact avec l’environnement et de communication avec les professionnels ou les proches.
La mémoire procédurale concerne les gestes appris et répétés. Semer, arroser, cueillir, remuer la terre ou retirer des feuilles mortes sont des actions simples qui peuvent rester accessibles alors même que la consigne verbale devient difficile à comprendre. L’activité peut être adaptée à la motricité et au niveau de fatigue de la personne.
L’enjeu n’est pas de demander au résident de jardiner de manière autonome comme il aurait pu le faire auparavant. Il s’agit de proposer une action suffisamment familière pour être comprise, suffisamment courte pour ne pas générer d’échec et suffisamment concrète pour produire un résultat visible.
Les principaux supports sensoriels
L’aménagement peut mobiliser plusieurs registres, à condition de conserver une cohérence d’ensemble:
| Support | Fonction recherchée | Précautions |
|---|---|---|
| Plantes aromatiques | Solliciter l’odorat et favoriser les associations avec des souvenirs | Éviter les espèces toxiques ou irritantes |
| Fleurs et feuillages contrastés | Faciliter le repérage visuel et soutenir l’attention | Prévenir les effets d’éblouissement ou de confusion |
| Bacs de plantation surélevés | Permettre une activité à hauteur adaptée, y compris en fauteuil | Prévoir une stabilité suffisante et des zones de transfert |
| Parcours circulaire | Autoriser la déambulation sans impasse anxiogène | Écarter les obstacles et les changements de niveau brusques |
| Éléments sonores modérés | Créer une stimulation auditive et un repère spatial | Éviter le bruit continu ou imprévisible |
| Bancs et zones d’ombre | Organiser des temps de pause et de récupération | Installer des assises visibles depuis les espaces de circulation |
La stimulation cognitive vient souvent de l’enchaînement entre perception et action. Reconnaître une odeur, toucher une plante, choisir une couleur ou accomplir un geste sollicite plusieurs fonctions à la fois. Toutefois, l’intensité de la stimulation doit être réglée. Un espace trop chargé en couleurs, en sons, en parfums et en objets peut désorienter une personne présentant des troubles neurocognitifs.
Le jardin sensoriel en EHPAD doit donc être conçu comme un environnement gradué. Certaines zones peuvent être plus stimulantes, tandis que d’autres doivent rester calmes et peu encombrées. Cette organisation permet aux professionnels de proposer une activité adaptée à l’état du résident au moment de la sortie.
Sommeil, lumière naturelle et troubles psycho-comportementaux
Le rythme nycthéméral, c’est-à-dire l’alternance entre veille et sommeil, est fréquemment perturbé chez les personnes atteintes de maladie d’Alzheimer. Les troubles peuvent prendre la forme d’un endormissement difficile, de réveils nocturnes, d’une somnolence diurne ou d’une agitation en fin de journée.
L’accès à la lumière naturelle et à l’air extérieur peut contribuer à structurer les repères temporels. La lumière participe à la régulation de l’horloge biologique, tandis que l’activité diurne limite parfois l’inactivité prolongée. Un jardin thérapeutique ne constitue pas un traitement autonome des troubles du sommeil, mais il peut soutenir une organisation quotidienne plus stable.
La régularité est ici plus importante que la durée exceptionnelle d’une sortie. Une exposition répétée, à des horaires cohérents, peut offrir davantage de repères qu’une animation ponctuelle. Le personnel peut par exemple associer le jardin à un temps de marche le matin, à une activité de plantation ou à une pause extérieure après le déjeuner.
Les études recensées sur les jardins sensoriels et l’hortithérapie chez les personnes présentant des troubles neurocognitifs majeurs font apparaître des bénéfices sur le sommeil, le bien-être et la diminution de certains comportements perturbateurs. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Les protocoles, les espaces et les modalités d’accompagnement varient selon les établissements. Ils ne permettent pas de transformer une tendance générale en garantie individuelle.
Agitation et anxiété: l’environnement comme facteur clinique
L’agitation n’est pas toujours l’expression d’un symptôme isolé. Elle peut signaler une douleur, une fatigue, une peur, un besoin non exprimé, une surcharge sensorielle ou une incompréhension de la situation. Le jardin ne doit donc pas être utilisé pour détourner systématiquement l’attention ou pour éloigner un résident du groupe.
Son intérêt apparaît lorsque l’environnement offre une alternative adaptée à une situation donnée. Marcher dans un parcours sécurisé peut réduire la tension liée à l’impossibilité de rester assis. S’occuper d’un bac de plantation peut soutenir une personne apathique. S’installer dans une zone ombragée et peu stimulante peut aider à diminuer une surcharge sensorielle.
Le professionnel doit observer l’effet réel de l’activité. Une sortie utile n’est pas nécessairement celle qui fait participer le résident à une animation complète. Une présence silencieuse, quelques minutes de marche ou un contact avec une plante peuvent déjà constituer une réponse pertinente, si la personne paraît plus disponible et moins anxieuse ensuite.
Il convient également d’éviter une lecture trop rapide des comportements. La réduction apparente de l’agitation ne suffit pas à démontrer un bénéfice thérapeutique si le résident est simplement plus passif ou fatigué. L’évaluation doit prendre en compte l’humeur, la communication, la mobilité, la qualité du sommeil et la capacité à participer aux activités.
Concevoir un jardin thérapeutique en gériatrie
L’aménagement d’un jardin thérapeutique en EHPAD relève à la fois du paysage, de l’architecture, de la prévention des chutes et de l’organisation des soins. Les choix esthétiques sont secondaires par rapport à la compréhension du lieu par les résidents.
Un parcours circulaire est généralement plus adapté qu’un chemin qui s’arrête brutalement contre une clôture ou un portail. Il permet la déambulation sans imposer de demi-tour et limite les situations dans lesquelles la personne peut se sentir bloquée. Le cheminement doit rester suffisamment large pour les fauteuils roulants, les déambulateurs et l’accompagnement par un professionnel.
La lisibilité repose sur des éléments concrets: différences de textures, contrastes entre le sol et les bordures, mobilier identifiable, accès clairement visible depuis l’unité de vie. Les changements de niveau doivent être réduits et signalés. Les surfaces glissantes, les graviers instables et les racines apparentes constituent des facteurs de risque qui ne sont pas compensés par la valeur paysagère du site.
La prévention des chutes ne consiste pas à supprimer toute irrégularité visuelle. Elle consiste à distinguer ce qui stimule l’attention de ce qui compromet l’équilibre. Un contraste de couleur sur une bordure peut aider au repérage. Un motif complexe au sol peut, au contraire, être interprété comme un obstacle ou une rupture de niveau.
Les éléments à intégrer dans le projet
Un projet cohérent associe plusieurs dimensions:
1. Une analyse des profils accueillis.
Les besoins d’une unité protégée pour personnes présentant une maladie d’Alzheimer avancée ne sont pas identiques à ceux d’un secteur accueillant des résidents plus autonomes. Les troubles de la marche, les déficits visuels et les comportements d’errance doivent être pris en compte dès la conception.
2. Une circulation continue et surveillable.
Le parcours doit permettre une marche libre tout en restant compatible avec la surveillance des équipes. Les zones sans visibilité, les sorties non contrôlées et les angles morts compliquent l’accompagnement.
3. Des espaces différenciés.
Une zone active peut accueillir les plantations et les activités manuelles. Une zone calme peut être réservée au repos ou à l’observation. Cette séparation limite les conflits d’usage et permet de proposer une activité ajustée.
4. Du mobilier adapté.
Les bancs doivent être stables, accessibles et disposés à intervalles cohérents. Des accoudoirs et une hauteur adaptée facilitent l’assise et le relevage. Le mobilier ne doit pas entraver le parcours.
5. Une végétation choisie pour sa sécurité et son intérêt sensoriel.
Le choix des espèces doit exclure les plantes toxiques, très allergisantes ou susceptibles de provoquer des blessures. Les odeurs et les textures peuvent être diversifiées, mais sans accumulation excessive.
6. Une maintenance compatible avec le fonctionnement de l’EHPAD.
Un jardin qui devient rapidement impraticable faute d’entretien perd sa fonction. Les équipes doivent savoir qui assure l’arrosage, la taille, le contrôle des sols et la remise en état après les intempéries.
La Fondation Médéric Alzheimer, avec l’École nationale supérieure de paysage de Versailles et l’association Jardins & Santé, a contribué à la diffusion d’un guide pratique consacré à la conception et à l’élaboration de jardins à visée thérapeutique. Ce type de ressource rappelle que le projet ne peut pas être séparé de la programmation des usages et de l’organisation de l’établissement.
Une activité qui doit entrer dans le projet personnalisé
La présence d’un jardin ne garantit pas son utilisation. Dans certains établissements, l’espace extérieur est accessible uniquement lors d’animations programmées. Dans d’autres, il reste sous-utilisé parce que les professionnels ne savent pas quelle activité proposer ou parce que la responsabilité de l’accompagnement n’est pas clairement attribuée.
L’usage du jardin doit être inscrit dans le projet personnalisé lorsque cela correspond aux besoins de la personne. Les informations utiles peuvent porter sur les habitudes de jardinage, les plantes connues, la tolérance au bruit, les moments de la journée où l’anxiété augmente ou les capacités de déplacement.
Cette personnalisation évite deux erreurs opposées. La première consiste à imposer une activité à une personne qui n’en tire aucun bénéfice. La seconde revient à considérer qu’un résident très dépendant ne peut plus avoir de relation active avec l’extérieur. Une personne qui ne peut plus jardiner peut encore sentir une plante, suivre un parcours, écouter les sons du jardin ou participer à un geste accompagné.
L’hortithérapie auprès des personnes âgées en EHPAD ne doit pas être confondue avec une séance d’animation standardisée. Elle suppose une intention, une adaptation et une observation. Le professionnel peut modifier la durée, le niveau de difficulté ou le type de sollicitation selon l’état cognitif et physique du résident.
La valeur clinique d’une activité de jardinage se mesure moins à la production obtenue qu’à la qualité de l’engagement suscité chez le résident.
Cette approche a aussi une portée relationnelle. Le jardin facilite des échanges qui ne passent pas nécessairement par des questions directes sur les souvenirs. Une odeur ou un geste peut déclencher une parole, une expression faciale ou une initiative. Ces manifestations doivent être considérées comme des indicateurs de participation, sans être automatiquement interprétées comme le signe d’une récupération cognitive.
Ce que montrent les données cliniques disponibles
Une étude pilote menée dans quatre maisons de retraite par des chercheurs de l’hôpital Charles-Foix, de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, a porté sur 120 résidents atteints de maladie d’Alzheimer. Le score MMSE moyen des participants était de 17,5 sur 30, ce qui correspond à une population présentant des troubles cognitifs déjà significatifs.
L’enrichissement sensoriel du jardin comprenait 12 modules. Les résultats rapportés indiquent une amélioration de l’autonomie et des fonctions cognitives dans le cadre de cette expérimentation. Ces données sont utiles pour documenter l’intérêt potentiel d’un jardin structuré. Elles ne suffisent pas à établir une règle générale applicable à tous les EHPAD.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les écarts entre les établissements:
- la gravité et la nature des troubles neurocognitifs;
- la fréquence des sorties et la durée d’exposition;
- l’intervention d’animateurs, d’ergothérapeutes, de psychomotriciens ou de soignants;
- la qualité de l’aménagement et son accessibilité réelle;
- la saison, la météo et la disponibilité des espaces;
- les traitements et les pathologies associées;
- la manière dont les résultats sont observés et documentés.
Une revue de la littérature publiée en 2014 a recensé 16 études consacrées aux jardins sensoriels et à l’hortithérapie chez des personnes présentant des troubles neurocognitifs majeurs. Elle fait ressortir des effets favorables sur le sommeil, le bien-être et la réduction de comportements perturbateurs. Là encore, ces résultats décrivent des bénéfices possibles, non une efficacité uniforme.
La question du ralentissement de la maladie d’Alzheimer doit être traitée séparément. Les données disponibles ne permettent pas d’affirmer qu’un jardin thérapeutique stoppe ou retarde de manière démontrée la progression dégénérative. Le bénéfice se situe principalement sur le fonctionnement quotidien, le confort, l’interaction avec l’environnement et certains symptômes comportementaux.
Quels indicateurs pour une évaluation en établissement?
Un EHPAD qui investit dans un tel dispositif peut suivre des indicateurs simples, à condition de les recueillir avant et après la mise en œuvre du projet. Il ne s’agit pas de produire une étude clinique complète, mais de vérifier que l’aménagement répond effectivement aux besoins identifiés.
L’observation peut porter sur:
- la fréquence des sorties et le nombre de résidents concernés;
- la durée moyenne de présence dans le jardin;
- la participation spontanée à une activité;
- les épisodes d’anxiété ou d’agitation avant et après la sortie;
- la qualité du sommeil rapportée dans le suivi quotidien;
- les interactions avec les proches et les professionnels;
- les incidents liés à la circulation, au sol ou au mobilier;
- l’utilisation effective des différents espaces.
Ces observations doivent rester interprétées avec prudence. Une amélioration peut être liée à plusieurs facteurs simultanés: changement d’équipe, adaptation du traitement, évolution de l’état de santé ou modification du rythme des activités. L’évaluation sert d’abord à ajuster le projet, pas à revendiquer une causalité qui ne serait pas démontrée.
Les limites à ne pas écarter
Le jardin thérapeutique présente une limite structurelle: son effet dépend de la possibilité réelle d’y accéder. Un résident alité, très fatigable ou présentant des troubles importants de la mobilité peut nécessiter un accompagnement renforcé. Dans certains cas, une terrasse accessible, une serre ou un espace végétalisé proche de la chambre sera plus pertinent qu’un grand jardin éloigné.
Les conditions météorologiques constituent une autre contrainte. Le projet doit prévoir des zones d’ombre, des assises protégées et des solutions pour les périodes de forte chaleur ou de pluie. La chaleur excessive augmente le risque de déshydratation et de malaise. Le froid, le vent ou un sol humide peuvent rendre la sortie inadaptée.
La sécurité ne doit pas conduire à une surveillance intrusive permanente, mais elle ne peut pas être traitée comme une question secondaire. Les portillons, les clôtures, l’éclairage, les revêtements et la visibilité doivent être examinés au regard des comportements d’errance et du risque de sortie non accompagnée.
Enfin, la végétation ne suffit pas à elle seule. Un espace planté sans médiation humaine peut rester indifférent à une personne désorientée. Le rôle des équipes consiste à transformer l’environnement en support d’activité, puis à ajuster cette activité aux réactions observées.
Le jardin ne remplace pas les traitements médicamenteux lorsqu’ils sont prescrits sur indication médicale. Il ne remplace pas davantage la prise en charge de la douleur, la psychomotricité, la prévention des chutes, l’ergothérapie, le suivi médical ou les soins palliatifs lorsque ces interventions sont nécessaires. Il s’inscrit dans une combinaison de réponses.
Une place complémentaire dans l’accompagnement de la dépendance
Le jardin thérapeutique en EHPAD trouve sa justification dans une conception globale de la prise en charge. La personne atteinte de maladie d’Alzheimer n’est pas réduite à son score cognitif ni à ses troubles du comportement. Les capacités restantes, les habitudes, la sensibilité sensorielle et le besoin de mouvement doivent aussi orienter l’accompagnement.
Les données disponibles soutiennent un intérêt sur plusieurs plans: stimulation sensorielle, mobilisation de la mémoire procédurale, régulation du rythme veille-sommeil, amélioration du bien-être et réduction possible de certains comportements perturbateurs. L’étude menée auprès de 120 résidents et la revue de 16 travaux donnent un socle sérieux à cette approche, sans constituer une preuve d’efficacité universelle.
La décision d’aménager ou de réaménager un jardin doit donc partir des usages, non de l’esthétique du site. Un parcours lisible, des espaces différenciés, des plantations sûres, des assises adaptées et une organisation précise des accompagnements produisent davantage d’effets qu’un décor végétal coûteux mais peu accessible.
En définitive, le jardin thérapeutique est un outil de soins non médicamenteux lorsque l’EHPAD l’intègre à son projet d’accompagnement, en évalue les effets et en reconnaît les limites. Il ne guérit pas la maladie d’Alzheimer. Il peut toutefois réduire la privation sensorielle, soutenir l’activité, améliorer les repères quotidiens et offrir aux résidents un environnement mieux adapté à la perte d’autonomie.
Questions fréquentes
Un jardin thérapeutique peut-il guérir la maladie d'Alzheimer ?
Quels sont les effets concrets d'un jardin thérapeutique sur les résidents ?
Un jardin thérapeutique doit-il être grand pour être efficace ?
Comment assurer la sécurité des résidents dans un jardin thérapeutique ?
Le jardin thérapeutique remplace-t-il les traitements médicamenteux ?
Par Fernand Lafond