Soins & Thérapies
Cap sur ma santé : le dépistage de proximité pour les seniors
» a réuni une cinquantaine de seniors autour de six ateliers, rapporte Midi Libre.

Un dépistage de proximité, gratuit, sans rendez-vous: sur le papier, le dispositif de prévention tient la route. Lundi 21 septembre, à Pont dans le Gard, « Cap sur ma santé! » a réuni une cinquantaine de seniors autour de six ateliers, rapporte Midi Libre. Première édition française, l'opération est portée par la Mutualité Française Occitanie avec la commission des financeurs de la prévention de la perte d'autonomie. Huit villes du Gard servent de phase test. Reste l'éternelle question: que reste-t-il une fois la salle des fêtes éteinte?
Six ateliers, un après-midi
Tests de vue avec un opticien, test d'audition avec un audioprothésiste, mesure de la tension et dépistage du diabète par une infirmière, test de condition physique, atelier nutrition avec une diététicienne, atelier mémoire et santé mentale avec un neuropsychologue. Le parcours s'effectue en groupes de trois ou quatre, sur inscription. Vingt-six participants le matin, presque autant l'après-midi. Le démarrage a été perturbé par une coupure d'électricité plongeant la salle dans une semi-obscurité — détail anecdotique, mais révélateur des aléas du terrain quand on sort du cadre hospitalier classique.
Ce que l'opération cherche vraiment
L'objectif affiché par Léane Chagras, chargée de projet prévention à la Mutualité Française Occitanie: détecter les carences chez les seniors « qui n'auraient pas forcément un suivi médical », en ciblant « les villes où il n'y a pas forcément des actions de prévention qui sont menées ». Dit sans détour: aller chercher, en face à face, ce que le cabinet du médecin traitant ne voit plus. Tension mal stabilisée, glycémie ignorée, presbyaccie non corrigée, troubles cognitifs débutants — le dépistage de proximité rattrape ce que le parcours de soins classique laisse filer.
L'aveu vaut d'être noté. En pointant les zones blanches, la Mutualité reconnaît, en creux, que la prévention reste concentrée là où elle est déjà installée. Le choix de huit communes gardoises peu couvertes n'est pas un hasard: il assume la fracture territoriale.
Ce qu'il faut désormais surveiller
Un dépistage sans relais, c'est un constat sans suite. Si la phase test ne se prolonge pas par une orientation effective vers le médecin traitant, vers un ophtalmologue, vers un orthophoniste ou vers une structure de suivi, l'opération ne sera qu'un coup d'éclat. Les angles morts de la prévention en France — inégalités territoriales, millefeuille administratif, dépendance aux appels à projets — sont documentés et dénoncés de longue date. La prévention de proximité ne s'improvise pas: elle exige un deuxième temps, celui du suivi coordonné, sous peine de n'être qu'un test sans lendemain. Le Gard servira de baromètre. Pour l'instant, on n'a vu que le premier acte.