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Soins & Thérapies

Projet Réadaptic : évaluer les capacités fonctionnelles réelles des résidents en EHPAD

Trop d'établissements confondent encore « maintenir la personne âgée » et « surveiller la chute ». Le CHU Dijon Bourgogne tente une autre approche avec son projet Réadaptic, présenté récemment et consacré aux capacités fonctionnelles des patients.

Projet Réadaptic : évaluer les capacités fonctionnelles réelles des résidents en EHPAD

Pour les EHPAD et résidences autonomie, c'est moins une annonce de plus qu'un test: celui de la cohérence entre discours de prévention et moyens réels sur le terrain.

Mesurer ce que le patient peut encore faire

Le CHU Dijon Bourgogne a annoncé la présentation du projet Réadaptic, centré sur l'évaluation et le suivi des capacités fonctionnelles des patients. Le terme dérange, parce qu'il change la question. « Capacités fonctionnelles » désigne ce que la personne peut réellement exécuter au quotidien — se lever d'un fauteuil, traverser une pièce, monter trois marches, se servir un verre d'eau — et non ce que la fiche de poste du soignant prévoit de cocher en fin de journée. L'évaluation passe du « est-ce qu'on s'en occupe? » au « qu'est-ce qu'elle peut encore faire, et qu'est-ce qui recule? ».

Ce que ça change pour les EHPAD

Dans les établissements qui accompagnent la perte d'autonomie, ce glissement de focale n'a rien d'anodin. La dépendance ne se gère pas à coup de protocoles: elle se mesure, se suit, se prévient. Pendant des années, l'évaluation s'est arrêtée au score de la grille AGGIR, utile pour la tarification, muette sur le potentiel résiduel. Les capacités fonctionnelles, elles, disent autre chose: elles mesurent la marge de manœuvre du résident, pas son étiquette administrative. Si Réadaptic tient sa promesse, il donne aux équipes un indicateur lisible — donc un argument face au turn-over, à la charge mentale et au glissement de tâches qui épuise les aides-soignantes. Il devient un outil de pilotage, pas un outil de communication.

Ce que le terrain attend vraiment

Reste l'éternelle question: qui évalue, à quel rythme, et avec quel retour concret vers les soignants et les familles? Sans protocole opposable, sans temps dédié, la « mesure des capacités fonctionnelles » redevient vite un mot-valise marketing. Les kinésithérapeutes en EHPAD le savent: quand l'évaluation existe sans moyens, elle finit dans le dossier de liaison, lue par personne. Or, une capacité fonctionnelle, ça se travaille — ou ça se perd. L'écart entre les deux se joue en minutes de présence, en nombre de transferts accompagnés, en largeur de couloirs. Les indicateurs chiffrés ne suffiront pas sans les moyens de les faire évoluer.

Combien de projets comme Réadaptic atterriront dans les tiroirs de la tutelle, et combien changeront vraiment la journée d'une résidente qui voudrait juste continuer à marcher jusqu'à la salle à manger?