ehpadeo
Actualité

Roots Living : le modèle familial au service de la longévité en EHPAD

En 1954, l'arrière-grand-mère de Warren Tonack ouvrit un établissement de soins pour personnes âgées dans l'Arkansas.

Fernand Lafond·mis à jour 06 septembre 2026

Roots Living : le modèle familial au service de la longévité en EHPAD

Aujourd'hui, Roots Living, opérateur basé à Siloam Springs, gère deux communautés résidentielles et affiche un taux d'occupation moyen de 95 % sur les deux dernières années, avec une marge opérationnelle de 30 %. Dans un marché américain marqué par une concentration accélérée, ce modèle familial à croissance volontairement contenue offre un contrepoint analytique — y compris pour qui observe les dynamiques comparables du secteur de la dépendance en France.

Un positionnement ciblé sur le marché intermédiaire

Roots Living s'adresse strictement au segment du middle market, c'est-à-dire aux résidents dont les revenus ne permettent pas l'accès aux offres haut de gamme mais qui ne relèvent pas non plus du dispositif d'aide publique. Selon Warren Tonack, ce positionnement est une nécessité liée aux zones géographiques desservies par l'opérateur.

Les deux établissements du portefeuille ont plus de cinquante ans d'existence. Plutôt que de viser la modernité de constructions neuves, l'opérateur privilégie une approche d'entretien holistique des bâtiments existants, une stratégie qui a permis d'atteindre la pleine capacité et de constituer des listes d'attente. Tonack souligne que l'attention portée à l'entretien et à la qualité de l'accompagnement résonne auprès du personnel, des résidents et de leurs familles. En premier lieu, ce constat rappelle que le taux d'occupation ne dépend pas uniquement de l'attrait immobilier.

Croissance contenue face à la consolidation du secteur

Le secteur américain des senior living connaît une vague de consolidation significative depuis cinq ans, un phénomène que Tonack qualifie de défi majeur pour les structures indépendantes. Roots Living s'inscrit en faux: l'opérateur privilégie des acquisitions ciblées de bâtiments exploitables sur plusieurs décennies et déclare avoir renoncé à des opportunités jugées incompatibles avec sa philosophie. L'entreprise envisage par ailleurs le développement greenfield, mais y renonce provisoirement en raison des coûts associés. La seconde acquisition du portefeuille a été conclue à la fin de la période pandémique.

Le reste de 2026 sera consacré à l'identification de gains d'efficacité opérationnelle et à l'anticipation des pressions économiques. Un positionnement prudentiel qui, dans un contexte de tension sur les coûts de l'hébergement et du personnel qualifié — en France comme aux États-Unis —, invite à interroger la soutenabilité des modèles fondés sur la croissance rapide sans consolidation interne des compétences.

Ce que ce modèle suggère pour l'analyse du secteur en France

Toutefois, les différences réglementaires et de financement entre les deux pays rendent toute transposition directe hasardeuse. Le cas américain illustre néanmoins des tendances observables. En premier lieu, la tension entre croissance et qualité de service dans les structures de petite taille. En second lieu, la question du ciblage du marché intermédiaire — un segment sous-documenté en France, situé entre l'EHPAD à tarif dépendant et la résidence seniors privée.

Les marges et taux d'occupation communiqués n'ont pas été vérifiés indépendamment; ils émanent des déclarations de l'opérateur à la presse spécialisée américaine et méritent d'être replacés dans le contexte spécifique du marché nord-américain.